Firmus, spécialiste du traitement de l’eau, équipe la station de recherche franco-italienne Concordia en Antarctique.

 

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Le projet fou d’un voyage sur Mars. Ou bien l’ordinaire de chercheurs qui hivernent en Antarctique, par 80 degrés en dessous de zéro... Quand elle ne travaille pas à des solutions plus écologiques pour l’industrie, la chimie ou l’agroalimentaire, l’entreprise Firmus, installée à Clermont-l’Hérault, accompagne des programmes scientifiques de premier plan et parfaitement fascinants. Spécialiste du traitement de l’eau et des effluents industriels par filtration membranaire, Firmus, créée en 2011, dans l’Hérault, est une petite équipe de quelques salariés qui imaginent des dispositifs fabriqués ensuite par ses partenaires industriels. Son expertise est recherchée par des clients de toute l’Europe pour les traitements des eaux grises (les eaux usées, sauf celles des toilettes), des jus de méthanisation des lisiers ou du lixiviat des ordures ménagères.

« L’objectif : recycler 80% des eaux grises » Jean-Christophe Lasserre, directeur technique de Firmus  : «En ce moment, on est en discussion avec un grand groupe hôtelier international pour trouver des solutions à leurs établissements installés dans des pays où l’économie de l’eau est un enjeu important, indique Jean-Christophe Lasserre, directeur technique de Firmus. L’objectif, dans tous nos projets de ce type, est de recycler au moins 80% des eaux grises.» Avant d’intégrer l’entreprise il y a cinq ans, cet ingénieur avait déjà planché pour l’agence spatiale européenne. «Le projet, toujours en cours de développement, désormais avec Firmus, est de recycler l’eau des douches, dans l’optique, un jour, d’un voyage sur Mars, relate M. Lasserre. Il faut savoir que chaque kilo embarqué en orbite coûte 150000 €.» Le litre d’eau est donc une donnée de base éminemment stratégique.

Quatorze mois sur la base

C’est un peu le même enjeu qui préside en Antarctique, pour la station de recherche franco-italienne Concordia et
dans laquelle Firmus a installé une unité de recyclage des eaux grises. Depuis mardi, quatre membres de l’équipe
des treize techniciens et scientifiques qui y séjourneront pendant quatorze mois à partir du 12 novembre, sont
dans les locaux de Firmus pour apprendre à utiliser et assurer la maintenance de cette installation imaginée par les experts languedociens. La base, ouverte en 2005, se situe au coeur même de ce continent de glace vaste comme 20 fois la France, à quelque 2000 km du Pôle sud géographique, mais aussi à plus de 3000 m d’altitude ! Univers impitoyable, pendant l’été austral, la température extérieure n’excède pas - 30 °C, descendant régulièrement à
- 80 °C l’hiver... À Concordia, rien ne peut être laissé au hasard pour le confort, très relatif, des membres des missions franco-italiennes confinés dans deux dômes de 1600 m2 au total. La gestion de leurs déchets - dont aucun n’est rejeté dans l’environnement - est également une priorité : le recyclage à tous crins y est un défi technologique. C’est dans ce domaine-là que l’expertise de Firmus est attendue. D’un hivernage à l’autre.

Source :  Article de RICHARD BOUDES paru dans le Midi libre

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  • Le 27/10/2016

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